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Les métiers de la culture au sein des établissements
d’enseignement supérieur en France
1982 - 2007



Feuilleton

Aux commencements…

Les établissements d’enseignement supérieur se dotent de structures culturelles depuis plus d’une vingtaine d’années : structuration d’expériences associatives, ajout d’un aspect culturel à un service social, création ex-nihilo par la volonté d’un président au moment de la signature des protocoles d’accord nationaux, ou par intérêt personnel, toutes les situations ont existé.

Ces structures, pour la plupart devenues des services, ou nées en tant que tels, se présentent sous diverses formes selon les volontés politiques locales (service commun, service inter-universitaire, service central, service social et culturel, service culture et communication, service lié de diverses manières à une maison ou un service Vie étudiante, etc.). Tout cela a changé, s’est scindé, a évolué, fusionné… Certaines fonctionnent avec une association, de plus ou moins grande envergure avec divers partages de responsabilités.

Malgré cette diversité, on peut affirmer l’élément commun : la spécificité de l’action culturelle et artistique. Les échanges au sein de l’association-réseau Art+Université+Culture en est la preuve.

Les tâches des structures culturelles sont multiples, agissant en direction des étudiants, pour et avec eux. Les services sont présents dans les vastes domaines du spectacle vivant, de la littérature, des expositions patrimoniales, scientifiques ou d’art contemporain multi-supports, des conférences grand public, des productions et projections cinéma et arts électroniques, de la photographie… dans des établissements scientifiques ou technologiques, de Lettres et Sciences Humaines, ou encore regroupant des cursus multiples.

Les services culturels des établissements sont en lien avec les réseaux culturels de la région et souvent bien au-delà, ils assurent des liens forts entre l’établissement et son environnement culturel et social. Au sein même de l’établissement public ils sont l’espace de croisement des compétences, qui permet la définition des contenus artistiques et pédagogiques. Ils travaillent en lien étroit avec des enseignants et des centres de recherche. Ils permettent de monter des projets d’envergure et de pérenniser des actions.

Le travail d’un cadre de ces services est comparable à celui de directeur culturel d’une collectivité, d’un équipement culturel de ville, etc. Quant aux personnels techniques, ils pratiquent, de manière permanente, le métier des techniciens du spectacle ou de l’exposition, quels que soient leurs lieux d’affectation.

La mise en place des premiers services s’est réalisée dans un certain flou pour l’affectation des personnels : ils venaient de plusieurs univers : du terrain culturel employés en contrat pendant un certain nombre d’années (jusqu’à 20 ans !) titularisés ou non, d’autres mis à disposition du service par l’Etablissement ou le Rectorat, dans le meilleur des cas par connaissance ou affinité de la personne avec le domaine.

Au fur et à mesure, quelques uns – les responsables de service - sont entrés dans la fonction publique d’Etat, dans une des 14 Branches d’Aptitudes Professionnelles (B.A.P.) de l’Enseignement supérieur : la B.A.P. 9 « action sociale et action culturelle ». Les techniciens du spectacle n’avaient aucune place.
Quand les B.A.P. furent révisées, au début des années 2000, des lettres ont remplacé les numéros, de A à I. La mention d’action culturelle a disparu, discrètement. C’est dire l’intérêt qu’avaient les Universités pour les métiers de l’action culturelle puisque aucune d’entre elles n’a alerté le Ministère sur ce manque !
Quant à l’association Art+Université+Culture, elle a publié un article La Culture à la trappe dans ses Cahiers en décembre 2001. Elle n’a pas su être présente en amont, elle n’a pu que constater.
Ceux qui étaient en poste se sont retrouvés, sans avoir été consultés, dans une B.A.P. ou une autre, au gré de la décision des services des personnels des universités, qui se référaient à quelques fiches emplois-types du référentiel mis en place par le Ministère. C’est ainsi que la majorité s’est aperçue que les postes étaient dans la B.A.P. F « DOCUMENTATION EDITION COMMUNICATION », fiche « CHARGE DE DIFFUSION DE PRODUITS CULTURELS » Cette fiche emploi-type est incontestablement celle d’un métier, celui qui consiste à « définir en accord avec le responsable d’édition, la stratégie de marketing et de vente du fonds éditorial. Il met en œuvre et suit les actions de commercialisation des produits » Le mot-valise culture dans l’intitulé a fait le reste. Quelques uns ont été casés dans la B.A.P. G « PATRIMOINE, LOGISTIQUE, PREVENTION ET RESTAURATION » , ou dans la BAP D « SCIENCES HUMAINES ET SOCIALES » sur un profil de chargé d’enquêtes : « INGENIEUR METHODES EN SCIENCES HUMAINES ET SOCIALES » ; d’autres encore dans la B.A.P. I. « GESTION SCIENTIFIQUE ET TECHNIQUE DES ETABLISSEMENTS PUBLICS A CARACTERE SCIENTIFIQUE CULTUREL ET PROFESSIONNEL », comme « CADRE DE GESTION ADMINISTRATIVE ». Cet emploi au moins permettait la prise en compte de la gestion d’un service.
Rien ne permettait l’accès aux métiers de l’action culturelle par les concours, sauf à distordre, à compenser, à échanger des postes au sein d’un établissement, voire - et cela s’est produit - entre établissements.


L’expédition « Conas et Ducrot », comme on dit l’expédition « Peary et Henson » ou « Edward Sabine et James Clark Ross »… 1

Début 2003, en vue d’une journée nationale de l’association, Philippe Sarrade, chargé de mission pour Art+Université+Culture a commencé l’état des lieux des structures culturelles dans les établissements du territoire : inventaire des projets artistiques, des lieux de pratique, des liens avec les enseignements, des métiers et emplois, etc. Environ 500 personnes ont été repérées, chargées de l’action culturelle, à divers titres, et niveaux de responsabilité, sous divers statuts.

A partir de cet état des lieux, Anne-Marie Conas, qui avait déjà fait un pré-inventaire et un travail d’information à l’occasion de journées de rencontre, notamment pour la journée nationale sur « La Relève »2, et Evelyne Ducrot, ont l’audace de proposer une nouvelle B.A.P. J « GESTION ET TECHNIQUES DE L’ACTION CULTURELLE », incluant les métiers nécessaires aux services. Pour ce faire, elles se sont appuyées sur des modèles de référentiels métiers de la fonction publique territoriale, dans le Répertoire Opérationnel des Métiers et des Emplois (R.O.M.E.) de l’A.N.P.E., sur des conventions collectives socio-culturelles, etc. et bien évidemment sur REFERENS qui proposait une norme interne. Elles sont entrées dans la logique de conception de ces emplois-types, grâce à l’aide de quelques personnes dont Josette Lachaud, DRH à l’Université Blaise-Pascal - Clermont-Ferrand 2, qu’elle en soit ici publiquement remerciée.
14 fiches-emplois-types ont été conçues et présentées à la journée nationale Les Emplois culturels et les métiers de la culture dans les services culturels des établissements d’enseignement supérieur à l’Université Pierre et Marie Curie – Paris 6 du 25 novembre 2003. Certains métiers, présents dans les services existaient dans les BAP, notamment tous les métiers de l’infographie, PAO. Pour ces emplois, il était en revanche indispensable que les Universités rédigent une fiche de poste pour donner la spécificité locale, la couleur culture de l’affectation.
Pendant ce temps, plusieurs responsables de services s’étaient proposés comme « experts » pour les concours. Ainsi, dans les B.A.P. F et I, les experts ont pu, à plusieurs reprises au sein des jurys, faire ainsi entendre la voix des spécialistes.

A l’occasion de la journée du 25 novembre 2003, les représentants présents du Ministère de l’Education nationale (D.P.M.A.) ont informé d’une prochaine révision des B. A. P.
« La journée s’est révélée fructueuse tant au niveau de l’échange et de la réflexion que dans la perspective de l’avancée des travaux » : ce sont les termes du compte rendu diffusé au sein de l’association dès fin novembre 2003. Il fut convenu de prendre rendez-vous au Ministère de l’Education pour connaître les directives de l’Observatoire des métiers qui devait se réunir au début de l’année 2004.


Les étapes

Plusieurs chantiers s’ouvrent :
Début 2004, la D.P.M.A. et l’Observatoire des Métiers mettent en place le processus de révision de REFERENS auquel Anne-Marie Conas et Evelyne Ducrot seront conviées à participer dans des groupes de travail. La révision des B.A.P. commencera par la B.A.P. E devenue « INFORMATIQUE, STATISTIQUE ET CALCUL SCIENTIFIQUE » puis G, devenue « PATRIMOINE, LOGISTIQUE, PREVENTION ET RESTAURATION ». Il faut donc attendre. La proposition d’une B.A.P. spéciale n’est pas envisageable, cela a été dit dès fin 2003. Il faut réfléchir à insérer les propositions dans une B.A.P. existante. La B.A.P. F « DOCUMENTATION, EDITION, COMMUNICATION » est nommée.
Aux premiers échanges, les premières réactions des responsables furent « vous êtes plus avancés que les autres secteurs avec vos fiches proposées ». Toutefois, entrevoyant les difficultés, les deux exploratrices ont souhaité être présentes dès la première réunion. Devant les nouvelles directives du Ministère pour concevoir ces fiches-métiers et la complexité de la démarche, cela se révèlera utile.
Entre mars 2004 et mars 2007, une dizaine de réunions du groupe de travail de la B.A.P. F, coordonnée par Ghyslaine Duong-Vinh, Geneviève Hickel, chef de bureau, Laurence Sarton, consultante externe et Odette Pilet, chargée d’études R.H., ont eu lieu, entrecoupées de travaux personnels, d’échanges de dizaines d’e-mails et de confrontations téléphoniques, pour revenir en séances plénières et en petits comités pour travailler au cœur du métier. Cécile Nécol, depuis peu titularisée Ingénieur d’Etudes dans la B.A.P. I a prêté son concours à quelques séances.

Il était indispensable d’alerter la Conférence des Présidents d’Université. Anne-Marie Conas et Evelyne Ducrot font « le voyage à Caen », un jour pluvieux de décembre 2004, pour rencontrer la Présidente, alors responsable de la Commission des personnels à la C.P.U.

Parallèlement une collaboration entre l’association Art+Université+Culture et l’association PARFAIRE (réseau des correspondants-formation des établissements) est mise en place avec pour préoccupation la reconnaissance des métiers par des formations spécifiques. Les besoins sont répertoriés auprès des personnels. Un travail de regroupement des types de formation en sessions et en niveau se met en place ainsi que le repérage des personnes ressources.

Les consignes étaient de regrouper des métiers approchants. C’est pourquoi les 14 fiches ne pouvaient pas voir le jour, il fallait penser profils spécialisés (le plus facile pour le tandem), évolution, emploi émergent ou emploi de positionnement, activités principales, activités associées, compétences principales et compétences associées, etc., et tout cela en ayant à l’esprit l’harmonisation des niveaux de responsabilité dans la même branche et dans chacune des B.A.P.
Il y a eu des moments de découragement ! 3
Et la cartographie proposée, reprise et reprise encore… et le groupement en sous-familles !
La consigne de regroupement de métiers proches a conduit à un travail fort intéressant avec les collègues de l’audiovisuel – multimedia d’une part et médiation scientifique d’autre part. Partager le cœur de chacun de ces métiers avec des métiers de proximité, que chaque professionnel voulait le plus précis dans son univers n’était facile pour personne. La bonne volonté et l’écoute ont permis d’avancer.
Les pilotes des caravelles, Laurence et Odette, ont bien fait préciser les réalités de terrain à chacun : c’est ainsi que le grade d’Ingénieur de Recherche, prévu dans une des 14 fiches n’a pas pu voir le jour : aucun responsable n’est I.R. à ce jour. Il n’y a aucune probabilité qu’une université recrute à ce niveau ; en revanche, pour les Ingénieurs d’Etudes, il est tout à fait possible - mais assez improbable, étant donné le nombre de postes - de devenir I.R. sur son emploi, ce qui serait tout à fait justifié par les contenus, comme l’ont fait remarquer les responsables ministériels des groupes.
De même, il a fallu abandonner les secrétariats spécialisés prévus en Technicien et Adjoint Technique dans les 14 fiches, pour les raisons ci-dessus évoquées de regroupement et parce la B.A.P. I rassemble les emplois de secrétariat, la B.A.P. G prévoit des postes en catégorie C, qui pourront être affectés bien évidemment aux services culturels (Aide logistique, Adjoint des services). La catégorie C n’a pas été ouverte en B.A.P. F.
Quant aux 9 fiches des métiers techniques prévues, elles sont devenues 3 fiches emploi-type.
Anne-Marie Conas et Evelyne Ducrot se sont rangées aux raisons du Ministère (pas le choix) mais ont bataillé sur quelques points :

- la nécessité d’un niveau d’Assistant Ingénieur (A.S.I.) pour la technique. Il s’agit du poste partagé avec l’audiovisuel multimedia,

- sur le fait que si la culture et la communication ont à collaborer, on ne peut les confondre dans les cœurs de métiers,

- sur l’appellation ACTION CULTURELLE pour la sous-famille, plutôt que CULTURE, dont les services n’ont pas le monopole au sein des établissements

- sur quelques autres points qui méritent de tomber dans l’oubli.

Un regret : le nom de la B.A.P. : il aurait été souhaitable qu’elle porte le nom de INFORMATION (celui-ci était non négociable) – PRODUCTION. Nos collègues de l’audiovisuel-multimedia, eux aussi producteurs, étaient en accord avec ce double intitulé. Cela n’a pas été possible. Le combat n’a pas été mené à son terme (l’épuisement, le manque de vivres, le froid, les coques prises dans la banquise…). En revanche, les noms des familles et sous-familles, leur groupement, etc. ont fait l’objet de toutes les attentions… Le jour où le mot CULTURE est apparu, visible comme la terre apparaît à la vigie, et le jour où la sous-famille ACTION CULTURELLE est sortie d’une imprimante du ministère, furent pour les deux participantes de l’expédition, de grands moments.


Le jour où le drapeau fut planté

Le 26 mars 2007, ont été validées 5 nouvelles fiches emplois-types dans une nouvelle cartographie,. B.A.P. F : INFORMATION - DOCUMENTATION, CULTURE, COMMUNICATION, EDITION, TICE :

- 3 fiches spécifiques : Chargé de l’action culturelle (catégorie A, Ingénieur d’Etudes), Assistant de l’action culturelle (Catégorie A, Assistant Ingénieur) et Technicien des métiers de la scène (Catégorie B,Technicien)

- 1 fiche commune avec la médiation scientifique : Technicien en médiation scientifique et culturelle pour les métiers de l’exposition (Catégorie B, Technicien),

- 1 fiche commune avec l’audiovisuel/multimedia : Assistant de production audiovisuelle, multimédia, scène (Catégorie A, Assistant Ingénieur)


Le retour au port

Après les expressions du soulagement d’avoir abouti, de manière globalement satisfaisante, notre camarade de combat, Odette, a gentiment comme à l’accoutumée, prié les protagoniste de… revenir… pour travailler sur les contenus des concours !
Mais oui bien sûr, on ne s’endort pas sur la plage ! On range, on trie les pierres précieuses dans les coffres, on plie les étoffes précieuses.
Après y avoir planché, après quelques aller-retour par courriers électroniques, quelques rencontres rue du Bac, les programmes ont été livrés. Ce travail, indispensable pour la suite, fut tellement plus léger, qu’il a été terminé presque sans s’en rendre compte.

Semaine du 26 novembre 2007 et suivantes

Les trois premiers jours de la semaine ont connu la première session de la formation « adaptation à l’emploi, pour les personnels de l’action culturelle des établissements » qui aborde les positionnements de l’action culturelle, les mécanismes budgétaires spécifiques, les statuts des personnes intervenantes, les spécificités juridiques etc. Par la suite d’autres formations seront proposées en approfondissement de chacun des thèmes.
Le jeudi est sorti REFERENS II.
Les Présidents d’Universités, Secrétaires Généraux et DRH ont reçu l’information.

Le Journal officiel du 9 décembre 2007 édite l’arrêté officiel.


Après…

Ce que chacun doit faire pour son poste :
 
  Pour passer d’une B.A.P. ou d’une fiche emploi-type à celle qui correspond au métier de chacun, il faut et il suffit d’adresser un courrier au Président de l’Université. Chaque service peut et doit donner les fiches de poste de ses personnels, et/ou apporter des corrections aux fiches rédigées précédemment. Il est souhaitable d’informer le SG et la DRH bien évidemment.

  Recommandation importante : pour une demande de poste, il serait bon qu’en accompagnement de la fiche emploi-type, une fiche de poste local soit jointe. En effet, les métiers étant regroupés, présentent une multiplicité de tâches. Une orientation précise, pour les métiers de la technique notamment, serait utile. Les experts le disent à chaque recrutement. Cela permettrait aux jurys d’être en possession de toutes les données.

  Quant aux listes d’experts, il est indispensable bien évidemment de s’y présenter ou de s’y re-présenter. Il convient pour cela de répondre aux appels à candidatures transmis par les services des personnels.

La nouvelle loi sur les Universités permet – incite (?) – aux contrats privés, CDD ou CDI. Dans les services culturels, c’est une réalité bien connue. Pour citer Patrick Houque, co-président de l’association, nous allons depuis les origines, « du précaire au précaire ».
Quoiqu’il en soit, comme nous l’avons écrit récemment à notre complice Odette Pilet « L’aboutissement (de la BAP F) représente la toute première existence d’emplois référencés dans les métiers de l’action culturelle au sein des établissements publics, pour les collègues en poste comme pour les nouveaux dont nous souhaitons la venue.
Beaucoup de personnels des services culturels sur le territoire sont en contrat, malheureusement, mais même pour les contractuels, ces fiches empois-type sont précieuses pour la définition des contenus.
Pour certains d’entre nous, c’est dans les jurys que nous mettrons désormais en pratique nos réflexions communes.


Anne-Marie Conas / Evelyne Ducrot
    Rennes / Clermont-Ferrand
 ART+UNIVERSITE+CULTURE
Janvier 2008
  


1 Historique des expéditions au pôle Nord magnétique
Edward Sabine et James Clark Ross
Le début du XIXe siècle constitue une période passionnante de l’histoire de la recherche sur le magnétisme. À cause de l’avantage qu’aurait apporté la découverte d’une route maritime au travers de l’archipel Arctique, le célèbre passage du Nord-Ouest, la marine britannique a organisé plusieurs expéditions dans l’Arctique canadien. En outre, étant donnée son importance pour la navigation, la marine britannique s’est intéressée au magnétisme et a mandaté des observateurs à bord de ces expéditions, les plus célèbres étant Edward Sabine et James Clark Ross.
Dès 1829, le nombre d’observations magnétiques effectuées dans l’Arctique canadien était assez élevé pour limiter la position du pôle Nord magnétique à une région jusqu’alors inexplorée du centre de l’Arctique. C’est à ce moment que l’Amirauté britannique s’est soudainement désintéressée de l’exploration de l’Arctique. Or, John Ross, oncle de James Clark Ross, a pu obtenir le soutien d’un riche distillateur, Felix Booth, pour une nouvelle expédition visant à découvrir le passage du Nord-Ouest et qui passerait dans les terres inexplorées où l’on croyait trouver le pôle Nord magnétique. À plusieurs points de vue, l’expédition de Ross fut remarquable. Le Victory, était le premier navire à vapeur à naviguer dans l’Arctique. Les explorateurs ont dû passer quatre hivers en Arctique, à cause de l’emprisonnement de leur navire dans les glaces. Éventuellement l’équipage abandonna le Victory et, à bord des canots de sauvetage, rejoignit la côte occidentale de l’île de Baffin d’où ils ont été secourus. Au cours de ces quatre années, on ne déplora que trois morts.
Depuis 1947, les levés du pôle Nord magnétique font normalement partie du programme de levés magnétiques du ministère des Ressources naturelles du Canada (et des institutions qu’il a remplacées).

Peary et Henson
Le rêve de Peary était d’atteindre le pôle Nord. Il voulait être le premier homme au monde à l’atteindre et il voulut le faire avec Henson Il apprit à dissimuler des traces, construire un camp, réparer des traîneaux, conduire une meute de chiens, chasser l’ours polaire et même fabriquer des vêtements avec les peaux d’animaux.
Peary, impressionné par l’habilité de Henson et par sa maîtrise du langage des Esquimaux, l’embaucha pour sept voyages à travers l’Artique entre 1891 et 1909. Peary fit la remarque suivante : "Je ne pourrais pas partir sans lui" ("I couldn’t get along without him.").
Henson fut très important pour le succès de l’expédition, la découverte du Pôle Nord le 9 avril 1909. Ce jour là, six hommes ont fait une course effrénée pour le Pôle Nord. Il y avait (dans l’ordre du premier au dernier) Matthew Henson, accompagné de quatre esquimaux portant Robert Peary sur un traîneau (ses pieds étaient gelés). Henson les devança tous, devenant le premier homme au monde à atteindre le Pôle Nord. Peary lui tendit le drapeau américain, qu’il planta dans la neige. Il posa ensuite pour une photographie avec les quatre guides Esquimaux qui conduisirent Peary et Henson au sommet du monde !
A leur retour les explorateurs firent face à un public divisé. Leur exploit étant contesté par certains et accepté par d’autres. Un autre explorateur a même prétendu avoir atteint le pôle le premier. On finit par les croire, mais non sans conséquence.
Leurs efforts ne furent pas vains.
Informations complémentaires

2 à Clermont-Ferrand en 2002, à l’occasion des 20 ans de l’expérience clermontoise

3 télécharger les consignes et descriptifs (PDF sur page d’accueil REFERENS)