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décembre 2001
Les nouvelles BAP arrivent, et la culture s’éloigne un peu plus de l’Université. C’est en tout cas ce qui apparaît à la lecture des nouvelles grilles d’emploi des ingénieurs et techniciens de l’enseignement supérieur qui circulent depuis quelques semaines. Le texte n’est pas encore publié [il l’a été le 1er février 2002], mais il a reçu l’aval du Comité technique paritaire, et les services de gestion des ressources humaines des établissements s’y réfèrent désormais.
A travers la question des BAP se pose celle de la reconnaissance et des moyens d’action des services culturels universitaires. Il s’agit de définir des postes spécifiques permettant à ces structures de fonctionner correctement. Il s’agit, tout simplement, d’en finir avec les organigrammes bricolés au fil des bonnes volontés militantes et des opportunités plus ou moins satisfaisantes. La précédente nomenclature était loin d’être parfaite. Elle avait néanmoins le mérite de comporter, dans la BAP 9, une catégorie « action culturelle et action sociale » : c’est dans ce mince interstice que des ingénieurs d’études ont pu se glisser pour être nommés à la tête de services culturels universitaires. Il était évident que cela ne suffisait pas, qu’il convenait de séparer l’action culturelle de l’action sociale, et de créer un ensemble distinct et cohérent composé d’emplois spécifiques tels que médiateurs culturels, administrateurs, animateurs, techniciens du spectacle vivant ou de l’audiovisuel... Cette nécessité, que les acteurs ressentaient impérieusement sur le terrain, nul, en haut lieu, ne pouvait l’ignorer.
Or, non seulement cette réforme n’a pas été faite, mais, pire encore, toute référence à l’action culturelle a purement et simplement disparu des nouvelles BAP. Certes, on se réjouira de l’apparition, en ordre dispersé, d’emplois tels que « concepteur-rédacteur de site web » ou « médiateur scientifique ». Certes, on prétendra que l’encadrement des services culturels peut être assuré par les nouveaux ingénieurs en administration et en gestion. Il n’en reste pas moins qu’une fois de plus, on nie totalement la spécificité de l’action culturelle et artistique en tant que mission singulière et transversale des établissements d’enseignement supérieur.
Cette régression est d’autant plus choquante qu’elle intervient alors même que le Ministre de l’Éducation nationale prétend haut et fort vouloir développer les arts et la culture à l’école, de la maternelle à l’université ; alors même que la Direction de l’enseignement supérieur incite fortement (et financièrement) les établissements à se doter de services culturels ; alors même, enfin, que les universités forment chaque année plusieurs milliers de jeunes professionnels de la culture. Tout se passe comme si les proclamations étaient condamnées à rester sans suite, comme s’il était impossible d’accorder totalement les actes aux projets. Finalement, les choses n’ont guère évolué depuis la Loi Savary, qui inscrivait l’action artistique et culturelle parmi les missions des universités, sans que le moindre décret prévoie les moyens de son accomplissement.
I.M.
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