La culture scientifique et technique devient une préoccupation pour nombre d’organismes culturels ou scientifiques. Jusque là, une sorte d’indifférence était le sort qui lui était réservée. Comment expliquer cet intérêt récent alors que les sciences et les techniques font partie de notre vie quotidienne depuis longtemps ?
Plusieurs raisons à cela :

La première bien sûr tient à l’écart qui s’est creusé avec les années entre les chercheurs, les applications de la recherche et le public. Le consommateur et même le citoyen revendiquent aujourd’hui le droit à comprendre les raisons du progrès.

La deuxième est que pour bon nombre d’établissements scientifiques et techniques, l’accumulation des savoirs, des objets et des collections posent des problèmes de sauvegarde, de locaux pour les protéger, les inventorier, les valoriser. Cette préoccupation vient rejoindre le besoin d’information de la population et donne ainsi l’opportunité d’engager un travail historique et didactique sur la construction de nos savoirs et des grandes découvertes scientifiques contemporaines.

La troisième est d’ordre culturel. L’acte de création et de production repose sur l’appréhension du monde ou de la vision du monde que porte le créateur ou le producteur. Le fossé créé pendant ces nombreuses années et l’arrivée massive des produits de la science dans la vie de tous les jours, imposent à ces derniers une plus grande maîtrise des enjeux des sciences et des techniques.

Enfin reste à faire le tri pour éviter les confusions. Dans le simple assemblage des mots « culture scientifique et technique », il est nécessaire de discerner la polysémie des idées qui s’y trouvent et qui vont construire cette nouvelle culture.

L’une d’ordre historique rétablit la place de la science et son évolution dans notre société. Elle raconte l’histoire d’une discipline, des hommes et des femmes qui l’ont fondée.

L’autre au service de la lecture du monde, de l’homme et de sa nature approfondit nos représentations et nous aide à mieux appréhender les enjeux et notre place dans les mutations contemporaines.

Enfin, Il devient possible d’interroger cette culture, de faire appel à l’imaginaire pour penser ce monde à partir des grandes mutations de notre époque. L’association systématique de science à technique n’est pas sans ambiguïté ; penser et théoriser ne nécessite pas obligatoirement de technologies.
Il est donc opportun maintenant d’ouvrir au plus large public l’ensemble des savoirs accumulés par l’activité de la recherche et d’en attendre peut-être une opinion plus éclairée sur le sens des découvertes et leur destination.
Catherine GADON 29/09/04
La commission « culture scientifique et technique » s’est poursuivie lors d’une journée nationale le 8 novembre 2005 à Toulouse :
Sciences/Arts & Technologies
Etat des lieux et réflexion sur le rôle des Universités
Dans le cadre des journées régionales organisées par A+U+C, le Service Culture de l’Université Paul Sabatier, Toulouse 3, avait proposé une rencontre le 7 avril 2003 sur l’état des lieux du Patrimoine et des Collections Scientifiques des Universités.
Depuis, un certain nombre d’initiatives ont vu le jour et une structuration nationale et régionale est en place pour répondre à la sauvegarde, l’inventaire des collections et la valorisation de la culture scientifique.
Toutefois, un secteur paraît oublié, voire négligé dans l’appréhension des moyens pour la diffusion de la culture scientifique et technique. L’art ne semble pas entrer dans ce processus. Pour autant, les universités n’ont jamais été aussi sollicitées par de nombreux artistes ou structures artistiques pour co-concevoir une création, collaborer à une production ou participer à une démarche artistique. La science et les technologies sont présentes sous tous les aspects de la vie quotidienne, il paraît donc naturel que les artistes en soient les lecteurs, ou les vecteurs.
S’il n’est pas question de se couper du passé de la science, il est tout aussi important de se nourrir des analyses ou des prospectives que l’artiste médiatise.
Le 8 novembre, le Service Culture de l’Université Paul Sabatier et A+U+C proposent donc pour faire suite à la première rencontre régionale de 2003, d’aborder la culture scientifique et technique sous l’angle des collaborations entre les artistes et les scientifiques (enseignant et chercheurs).
L’objectif sera de déterminer, à partir d’exemples concrets, le rôle et les fonctions possibles des Services Culture des Universités dans la mise en œuvre ou le soutien à ces collaborations.